Lettre de Léo Ferré à un jeune talent - Mon monde, mon âme et le reste

Mon monde, mon âme et le reste

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Lettre de Léo Ferré à un jeune talent

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Je ne vous connais pas encore.

La misère vous lace les souliers, elle est gentille.

Lorsque je l'insultais, je le faisais en italien :

« PORCA MISERIA ».

Je me sentais riche phonétiquement.

Le confort dans l'injure, c'est le commencement de la Sagesse et de l'indépendance.

Soyez orgueilleux.

L'orgueil, c'est la cravate des marginaux.

Soyez dans la marge mais, je vous en prie, ne perdez jamais de vue les TEXTES ... Il vous regarde, le TEXTE, il attend le premier jour de la chasse et, tranquillisez-vous, vous serez bien en vue, la vedette...

Alors, de quoi vous plaignez-vous ?

Vous serez l'ennemi numéro 1... Il y en a tellement après...

Tellement qui prendraient bien votre place, avec le risque... Ils meurent de n'être pas le Risque...

Il vaut mieux mourir le premier.

C'est ça, la mathématique sidérale : FIRST.

Ne soyez pas lucide, cela vous encombrerait. Les comptables ne se pendent jamais au cou d'un cheval que l'on bat et que l'on tue.

Les comptables tuent.

Quand ils ne tuent pas, ils vivent dans les comptes.

Laissez donc la lucidité aux entrepreneurs de travaux artistiques.

Et n'oubliez jamais que vous êtes une denrée.

Mais ne prenez jamais de conseil de personne.

 



04/10/2015
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