Mon monde, mon âme et le reste

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L'été de la vie de J.M. Coetzee

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Le cycle se termine avec cette partie 3 de la trilogie autobiographique que s’était consacré notre ami écrivain. Dans les deux premiers volets, l’histoire se racontait de façon distante, à la troisième personne, comme si c’était un autre qui racontait. Une pudeur schizophrénique probablement.

Dans cette dernière tranche de vie, si le récit est toujours chronologique, la narration est plus complexe, plus tortueuse, une façon de casser le rythme mais surtout une façon de complexifier ce dévoilement.

Avant de poursuivre, il faut que je précise avant qu’il ne soit trop tard, que dans le cas de cette trilogie, il est essentiel de lire les deux volumes précédents cette clôture. D’un car il est toujours intéressant de voir comment une personne s’est construite, comment s’est déroulée sa vie afin d’expliquer son état du jour. C’est une évidence bien sûr mais c’était à souligner car en plus de ces points là, il faut aussi lire les volumes précédents d’un point de vue structurel, pour voir comment le style de notre auteur à évolué.

Sans tuer quoi que ce soit, dans les deux premiers volumes, il était le raconteur et le propre témoin de sa vie et des jugements portés sur sa personne, dans ce troisième volet, Coetzee évolue, progresse et s’ouvre en permettant que des tiers, des autres, puissent parle de lui. Le juger. Le conseiller.

La cousine de notre auteur étant probablement la pierre angulaire de l’histoire.

Surtout qu’il lui fait parler comme dans ses deux premiers opus, à la troisième personne.

Une biographie intéressante donc avec une dose de complexité plus profonde qu’il n’y parait.

Car oui notre auteur est joueur, grâce à des subtilités il écarte les passerelles entre l’homme qu’il était l’auteur qu’il fut.  Comme si ce dernier point avait été la nécessité d’écrire cette « chose ».

Comme si Coetzee voulait remettre sur le tapis la fameuse question qui est de savoir si on peut juger un écrivain sans juger ses écrits. Quel est le poids d’un créateur face au produit de sa créativité ? L’œuvre est-elle plus importante que son auteur et que ses lecteurs ?...

Il y a du Becket dans cet homme et ce n’est pas pour nous déplaire.

A lire.



30/10/2015
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