Mon monde, mon âme et le reste

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Guérir la vie : la passion d'Antonin Artaud par Jacob ROGOZINSKI

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S'il était un personnage un peu trop oublié sur ce site, cela serait assurément le nom d'Antonin Artaud qui viendrait en premier. La réparation va avoir lieu avec la sortie du puissant Guérir la vie de Jacob ROGOZINSKI.  Une sorte de poésie qui se mélange à la philosophie et inversement. La seule certitude de l'affaire est qu'après une lecture comme celle-ci, rien e sera plus pareil ou alors dans longtemps.

La folie d'un homme qui s'articule autour de son génie laborieux, la passion d'un homme pour un art qui englobe la matière, l'amour d'un être pour l'ensemble de ses êtres.

Artaud nous guide dans un chemin, son chemin. Il nous prend la main afin d'éviter le moindre des soubresauts.  Il propose un chemin vers la guérison tout simplement et ceci quelques soient les maux qui nous font souffrance.

Paradoxale de considérer qu'un malade serait le meilleur guide vers la grande santé. Il est vrai qu'on pourrait considérer ce point si facilement mais quid de Nietzsche et des autres fous furieux, écorchés vifs de la vie qui ont aidé tant de gens à tendre vers le mieux.

Comme s'il n'était pas une évidence que seul un grand souffrant peut mener vers le mieux, la guérison, vers l'ultime sagesse.

Evidemment la lecture n'est pas facile, aride et sèche elle va décourager le plus téméraire mais comment ne pas savoir que ces dans la difficulté qu'on savoure le meilleur.

Il suffit de lire attentivement ses textes écrit à la sortie de l'asile pour s'en rendre compte, cinglé il l'était mais lucide comme jamais, touchant à bruler, hurlant à rendre sourd même un déjà sourd.

A même se demander s'il ne jouait pas la folie.

Le chemin de la résurrection de soi, l'éveil de l'esprit sur le corps, la chasse aux illusions seule reste la souffrance physique.

La lutte du je contre le je, une façon de se réhabiliter pour soi  d'abord et après pour les autres.

Ce n'était donc pas une folie mais une analyse vitale nécessaire et indispensable afin de tomber au plus bas pour finir au plus haut.

Un livre puissant, affectif et d'une profondeur abyssale.

Une lecture indispensable autant à lire, qu'à vivre, qu'à réfléchir et surtout digérer.

Artaud était une visionnaire, un génie qui montre que probablement on se construit plus dans la folie et l'errance que dans la facilité et le conformisme.

S'il n'en fallait qu'un probablement votre livre de chevet.

 

 

 

- Quatrième de couverture -

Pourquoi écrire un livre sur Antonin Artaud ? Parce qu'il me l'a demandé : impossible de le lire sans être appelé par sa voix. Mais comment répondre à son appel sans le trahir ? Comment lire en philosophe celui qui clamait sa « haine de la philosophie » ? Comment le lire sans le dévorer ni se laisser dévorer par lui ?

Règle de lecture : ce qu'il écrit est vrai. Laissons cette vérité s'affirmer par elle-même sans lui imposer la grille d'une pensée étrangère - et sans prétendre la fixer dans la psychose ou la métaphysique. Pas de cruauté, pas d'impouvoir, pas de schizophrénie, pas de corps sans organes : autant de stéréotypes, de maîtres mots qui font obstacle à la lecture. Pourquoi écrit-il ? Pour sauver de l'oubli ses muses assassinées, ces corps massacrés, tous ces morts « dont le nom n'a jamais passé dans l'histoire ». Pour sortir de l'enfer, pour traverser cette « Poche Noire » où il a sombré, se réapproprier son je, son nom dont il a été dépossédé. Si la folie est l'absence d'oeuvre, le retour du Mômo est une « insurrection de bonne santé », la bonne nouvelle d'une résurrection : il est possible de franchir la mort, de franchir « dieu » pour se refaire un corps. Il est possible de guérir la vie. C'est ce combat contre la folie, la mort et l'oubli, ce combat pour la vérité, que j'ai tenté ici de décrire : en passant de la scène du mythe - de la révolution théâtrale qui devait figurer la vie - à celle du fantasme, de la hantise sexuelle, du père-mère ; puis en remontant vers une dimension plus originaire, vers l'énigme d'une vie sans être, d'une chair qui est moi. Chair déchirée, en quête de son incarnation majeure, chair qui ne cesse de mourir, et pourtant toujours renaissante... Cette vérité du moi-chair qu'il voulait faire résonner dans la langue et le rythme du poème, sommes-nous enfin capables de l'entendre ?



29/09/2015
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