Mon monde, mon âme et le reste

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Littérature


Un bonheur que je ne souhaite a personne de Samuel LE BIHAN

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La vie a ses turpitudes qu’il est parfois nécessaire de ne pas comprendre et de juste se laisser faire malgré les réticences.

Même si tout n’est pas facile surtout quand il s’agit de roman et d’écrivain peu confirmé.

En effet, le comédien publie son premier roman, « Un bonheur que je ne souhaite à personne », consacré à l'autisme et qui teinté de son expérience personnelle et elle est poignante.

Si dans la vraie vie, l’histoire concerne Samuel et sa file, dans le livre, la difficulté d’aborder un soi si délicat  veut qu’il soit question d’une mère et de son fils.

Évidemment tout le monde aura compris que c’est le calque de la pudeur qui est dominant dans la beauté de cette offrande. 

Il n’est pas très facile de parler de soi surtout quand il s’agit d’un beaucoup injuste. 

 

Je ne vais pas vous raconter de salade et vous dire que c’est une force mystérieuse et invisible et pas autre chose qui m’a poussée vers ce livre.

 

Un roman, j’en lis très peu car la production est à 98/100 feignante et misérable et aussi sympa que soit son dégagement, pour moi Samuel Le Bihan, c’est juste un très bon acteur, plutôt beau et très sympa mais pas un écrivain, du moins pas un écrivain qui soit indispensable à lire, en tout cas pas encore.

Oui mais voilà, il y a des forces invisibles qui me parlent et mon expérience m’a montrée qu’il fallait toujours les écouter.

Et puis bon quoi, 142 pages cela se supporte, non? :)

 

Le début du livre est déjà pas mal puisque l’on a un préface de RUFIN vraiment bienveillante et délicieuse et c’est agréable de manger cela dans le climat actuel. 

Du gentil plein de style et teintée d’une belle sincérité. Et même si c’est une arnaque, elle fait du bien.

 

Après cela pouvait être aussi un danger pour la suite qui allait arriver. 

 

Et ben ce ne fut pas le cas. 

 

Dès le début du livre, j’ai su que ça avait me plaire, me bousculer et me faire vibrer quelques sens.

 

Je ne vais évidemment pas vous vendre que Le BIHAN  est l’égal de ST SIMON pour le style,ni l’égal d’un PROUST pour raconter les histoires mais il a certaines qualités qui font que j’ai adhéré à ce projet pour sa tentative et son résultat.

 

D’une le style déjà, puisque c’est quand même ce qui m’importe en premier lorsque je lis un roman, et bien j’ai été agréablement surpris!!!

C’est sympa à lire, aérien, percutant et l’on se prend à rentrer dans l’histoire assez vite et à être happé par la toile d’araignée tissée par l’auteur.

 

 

On devine aussi que ce qui arrive à cette femme dans ce livre c’est l’expérience personnelle de Samuel LE BIHAN dans la vraie vie et c’est assez fort à ressentir surtout que le tout est partagé délicatement et sans aucun pathos. Cela respire la sincérité et avec un argument de la sorte, les accidents sont même largement évités m.

Les situations sont plutôt intéressantes et on se délecte des dialogues et on admire la fluidité de l’´interaction entre les personnages et n’était pas que simple.

 

Un livre à lire, agréable et facile malgré son sujet délicat, qui certes n’est pas le livre de l’année, mais qui émeut de sa dose nécessaire, qui percute avec délicatesse et qui fait réfléchir qui nous concerne à peu près tous de plus ou moins loin.

 

Une belle découverte donc, qu’il faut encourager, car elle fait du bien, fera du bien à son auteur si beaucoup la partage et qui pourra faire avancer une belle cause difficile.

 

A lire et à faire lire.

 

 

 

 

 

 


09/11/2018
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MAJDA EN AOÛT de Samira Sedira

Ce livre « Majda en Aout » est une œuvre totalement magistrale de Samira SEDIRA. Son histoire commence lorsqu’un couple vient chercher sa fille dans un hôpital psychiatrique.

Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle navigue en total écartèlement et ceci que ce soit au niveau physique ou émotionnel. Entre les voix qu’elle entend, un corps calciné par les tourments de la vie.

La force de cet ouvrage est, en plus de son histoire puissante et saisissante, la beauté spectrale de son héroïne, son mystère l’entourant aussi, le style fulgurant de son récit, le style lumineux et poétique de ses personnages.

Ce qu’il y a aussi d’admirable dans ce livre est bien évidemment, la façon qu’a son auteur d’aborder les sujets les plus sensibles et les plus tabous. Sans pudibonderie inutile mais ni aucun pathos gratuit, elle développe son sujet, ses propos, ses dialogues et ses personnages avec une conviction forte qu’on lui sent personnelle.

Un portrait de femme qui va résonner longtemps dans la tête de son lecteur car il va en bouleverser beaucoup et sonner les autres de façon profonde et extatique.

Un livre qui doit se lire et être partagé au-delà de cette période estivale.

Un indispensable avant la rentrée littéraire.

 

 

 


26/08/2016
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La grande eau de Živko ?ingo

la grande eau

 

Zviko CINGO nous offre avec son personnage de LEM, un héros mais aussi un narrateur qui a un langage aussi étonnant que détonnant. Et surtout une envie folle de réaliser ses rêves. Il faut dire que ce point est particulièrement vital quand l’on veut s’échapper d’un destin qui n’a pas été que gentil avec nous.

LEM tente donc de survire à l’intérieur de ce foyer d’orphelins et cette élévation passe par son côté tuteur. En tant qu’élève modèle, il doit s’occuper d’un camarade plus en difficulté.

Et les images de ce parcours trottent dans la tête du lecteur de façon douce et percutante. On se surprend à voyager à travers une multitude de sentiments qui nous ramène un peu sur terre.  Cette dualité entre voyage onirique et prise de conscience rend évidemment cet ouvrage encore plus intéressant que la première approche que l’on en a.

Au niveau de l’écriture on admirera le style et aussi la langue employée. Curieuse et efficace, elle fera réfléchir à bon escient, comme pour montrer que la porte de la survie de l’âme est beaucoup plus plurielle que solitaire.

Un livre solaire et bouleversant, insolite, évanescent, sorte de fable moderne qui fera du bien à son lecteur motivé.

A lire pour s’aérer l’esprit et sortir des sentiers battus de la littérature un peu trop balisée.

 

 

 


03/08/2016
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Gangrène de Julia LATYNINA (Actes Sud)

Blog de carlitablog :Tendance et Rêverie, Gangrène de Julia LATYNINA (Actes Sud),

Entre le polar est la Russie, il y a quand même une évidence au niveau de l’accointance spirituel au minimum. Et ce n’est pas cette trilogie qui va contredire cette affirmation loin de là.

Si dans le premier tome de cette série l’on était à peine dans le bain, cette fois-ci cela se termine car l’ouvrage nous plonge dans le cœur du sujet et dans le cœur des ténèbres. Le lecteur est transporté en plein Caucase du XXIe siècle au milieu d’une mafia qui prospère à travers le crime et le terrorisme.

A travers une multitude d’enquêtes, Julia LATYNINA nous offre la vision d’un paysage d’une violence inouïe. La terreur se combine à la corruption en tout genre. Les sentiments sont pluriels et on ne sait pas vraiment ce qui relève du volontarisme ou du fonctionnement de survie.

Ce qui fait la force de l’ouvrage est évidemment son écriture. Cette écriture qui rend superbement état de l’atmosphère du lieu. Les gans s’entretuent, chacun veut conquérir le pouvoir au détriment des autres, qui évidemment ne se laissent pas faire. Le résultat ne pouvait n’être que mortel.

Et le cycle est perpétuel puis tel un jeu de théâtre chacun devenant ce qu’il n’était pas et ainsi de suite.

Mais comme tout ne peut pas être régulier, il se détache de notre polar, la figure de deux hommes.

Ces deux hommes sont frères et l’on peut dire que chacun n’est pas exactement le miroir de l’autre et même loin de là. Si l’un est ambitieux et ne rêve que de gloire dans l’ascension sociale, l’autre est à l’inverse, il ne rêve que de castagne et de méfaits.

Pas besoin de vous faire un dessin, vous aurez évidemment compris que le sel de ce livre va être leurs évolutions, leurs conquêtes et leurs accidents. Et tout cela va être percutant avec notre écrivaine au style sec et corrosif. Une rafle d’aventures dont on va se délecter si on aime le genre.


04/03/2016
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Hôtel de la solitude de René LAPORTE

Blog de carlitablog :Tendance et Rêverie, Hôtel de la solitude de René LAPORTE

Ma lecture :
 

Le Dilettante est clairement un éditeur à part dans le paysage littéraire français et ce n’est pas notre publication du jour qui va infirmer cette certitude. René LAPORTE (1905-1954) est un génie mort beaucoup trop tôt à 48 ans, il excellait aussi bien en produisant de la poésie, qu’un écrivant des romans qu’en travaillant pour les autres via son métier d’éditeur.

Un génie certes mais totalement et injustement méconnu tant son talent est gigantesque. Hôtel de la solitude, écrit en 1944, est un objet de grande fulgurance. Fulgurant d’abord par son style poétique épuré mais aussi par sa puissance et sa profondeur. Cette façon de faire bouillir les sentiments est bien quelque chose de très rare qui confine même à l’exquis.

L’auteur nous entraine dans un monde qui est réel mais qui n’a pas forcément de réalité palpable.  On se promène dans un Monaco d’une autre époque mais qu’on reconnait tout de même très clairement. On aime suivre notre héros s’installer dans cet hôtel monégasque et comme il est le seul client au milieu de nos tenanciers, s’installe dans l’atmosphère un parfum assez mystérieux. La précision et la délicatesse des détails qui sont distillés par notre auteur donne encore plus de charme à ce récit, qui pourtant nous fascinant déjà.

Et que dire quand le roman s’enflamme via l’arrivée d’une sublime seconde cliente. L’humanité qui va s’exprimer alors nous clairement nous embarquer dans des cimes inconnues.  

Un chef d’œuvre littéraire c’est une certitude et comme à priori ce livre va être aussi une découverte pour vous le plaisir n’en sera que plus décuplé.

Au moins vous savez quoi lire prochainement.

 

 

Résumé

Avoir la tête ailleurs, condition, dit-on, de toute poésie, mais fatale, parfois, aux poètes. Dont acte avec le Toulousain René Laporte (1905-1954), fauché par une voiture en plein Paris et que le Dilettante arrache aujourd’hui au « charnier des recalés de l’histoire littéraire », rééditant avec une préface de François Ouellet son Hôtel de la solitude paru chez Julliard en 1944. D’origine bourgeoise, il entre vite en poésie, ouvrant ses Cahiers libres aux surréalistes dès 1924, courant dont l’influence marque ses premiers romans?: Le Dîner chez Olga (1927), La Part du feu (1935). Haut fonctionnaire de l’information, Laporte, dans les années trente, révoque le pur jeu poétique pour politiser son œuvre littéraire, en faire un témoignage contre la crue montant des régimes totalitaires. En témoigne «?La Journée du 8?mars?», poème terrible sur la remilitarisation de la Rhénanie. Résistant actif (on lui a confié la surveillance de l’antenne pro-allemande de Radio Monte-Carlo), il fait de sa maison de la place du Barri, à Antibes, un pôle d’activités clandestines et de survie littéraire, y accueillant Breton, les Aragon, Ponge, Éluard, d’autres. « Il n’y a pas d’oubliettes/au château du roi René » écrira Jacques Prévert. C’est un écrivain en pleine phase de reconnaissance publique qui décède d’un traumatisme crânien le 1er mars 1954. Écrit en 1942, Hôtel de la solitude nous entraîne dans le sillage de Jérôme Bourdaine, scintillant chevau-léger de l’après-guerre, qui élit comme ermitage pour sa rêverie un singulier hôtel de La Turbie, sur la Côte d’Azur. Monde sous cloche, asile hors du temps aux murs calligraphiés de versets coraniques, lieu mental gardé par un couple d’êtres bonasses et affairés, les Barca, heureux d’invoquer les ombres chamarrées, fantômes 1900 qui firent la gloire du lieu. Survient alors, au cœur de cet asile de jour pour cœur en vrille, une Nadja longue et fine répondant au nom de Mme Zoya Sernitch, belle flanquée d’un époux cocasse aux tressautements de souris chauve. Idylle alors de s’ébaucher entre Jérôme et Zoya et ce parmi les ruines antiques qui ornent le lieu. Un ballet d’ombres lasses et de cœurs fringants qui s’évanouira au matin, romance sans lendemain. Entre trouble modianesque et griserie à la Mandiargues, chambre vous est donc retenue à l'Hôtel de la solitude, calme assuré et vue sur les songes.

 

Extrait

« Derrière Jérôme, dans la chambre, se dressaient des fantômes muets, monoclés ou corsetés, attendrissants et ridicules, de vieilles présences qui se décollaient déjà de l’arbre du temps comme une écorce et sur lesquels, demain, d’autres clients marcheraient sans vergogne. »


23/02/2016
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Le jour où de Gaulle est parti : 27 avril 1969 de Guy Konopnicki

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Suite au NON du peuple pour le référendum du 27 avril 1969, de GAULLE constata l’échec et  quitta le pouvoir. Si notre auteur du jour était trop jeune pour voter à l’époque, il n’en était pas moins actif au sein de parti communiste étudiant. Et il nous raconte la posture officielle de son parti à ce moment-là.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la volonté du PC était de voter OUI à ce vote car il fallait mieux avoir au pouvoir une droite résistante plutôt qu’atlantiste. Si KONOPNICKI a été témoin de cette histoire, il est aussi dans un grand rôle d’historien. Et c’est sous cet angle là que ce livre est véritablement passionnant. La fin du GAULLISME était évidente puisque sans la général, ah quoi bon ? Mais aussi la fin d’une politique singulière : le gaullo-communisme.

Si on analyse l’historique de chaque partie, il est évident qu’ils avaient des options politiques communes : la planification, le rôle de l’état, l’industrialisme, l’anti-impérialisme… mais aussi une convergence morale certaine surtout depuis l’époque de la Résistance.

Se rendre compte de ce basculement est une sidération pour l’esprit. Son écriture est précise, sensible, rigoureuse et aussi très drôle.

Ce n’est pas Michelet mais comme personne n’est meilleur que lui, on est juste au niveau du dessous.                    


22/02/2016
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Léo Taxil et la Franc-Maçonnerie Satanique

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Léo TAXIL est un personnage totalement très occupée.  Tour à tour anticlérical, libre-penseur, franc-maçon puis anti-maçon, religieux patriote chantant la gloire de Jeanne d’Arc. Un peu trop d’activité pour que l’homme soit trop honnête et il en a était ainsi. Car oui, notre homme est connu pour être l’un des plus grands mystificateurs de son temps si ce n’est de l’Histoire.

Rien d’étonnant si l’on sait que notre homme se promène à l’intérieur de XIXe siècle et qu’à cette époque la bonne société se passionne pour tout ce qui touche à l’occultisme, la magie noire et le spiritisme et bien d’autres choses aussi mystérieuses.

C’est dans ce riche terreau que TAXIL sema son poison avec la publication en 1895 d’un article qui alla faire polémique. Rien d’étonnant si l’on sait qu’il annonça la présence de Lucifer au sein d’une secte canadienne. Ce canular de haute volée déchainera les passions et lancera sa « sa carrière ».

Cet article déchaina aussi une forte propagande antimaçonnique sur fond d’antisémitisme.

Thierry ROUAULT, à travers sont ouvrage, raconte les détails de ce moment de l’histoire. Il retrace le parcours d’un homme atypique mais aussi très douteux et analyse pourquoi et comment il a été possible que cette escroquerie existe.

Un ouvrage vraiment passionnant.


19/02/2016
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