Mon monde, mon âme et le reste

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Sur une idée de Frédéric B avant l'apocalypse : 99: Mémoires d'outre-tombe

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Ce livre qui se divise en 44 parties présente la vie de son auteur : Chateaubriand(1803-1841).

La première partie, composée des 12 premières parties raconte l'enfance à Combourg, le voyage en Amérique puis l'exil en Angleterre afin le retour en France.

La seconde partie, qui contient les 6 parties suivantes, traite du début dans la littérature de notre auteur ainsi que les deuils qu'il a rencontré.  Le tout sur fond d'influence très napoléonienne.

La troisième partie, plus historique celle-ci des 16 parties suivantes, analyse le  Premier Empire, puis traite du rôle public et de la vie privée de Chateaubriand sous la Restauration et la monarchie de Juillet.

Le tout s'achevant sur la fin politique de notre auteur.

Dans la quatrième partie, il est évoqué la fuite de Charles X, on y trouve aussi une analyse politique de l'évolution sociale. La dernière partie, la 44e est la conclusion sur la déchéance de la société. Une recherche et une réflexion sur un système idéal.

 

L'œuvre s'est écrite de 1809 à 1826, date du premier manuscrit mais c'est véritablement en 1832 que l'œuvre atteint sa forme définitive, celle que nous connaissons aujourd'hui.

Il avait prit le soin d'en faire interdire la publication de son vivant. C'est pourquoi l'œuvre ne sera diffusée qu'à partir de 1848.

Les objectifs de cette œuvre n'ont cessés  de bouger au fil du temps. Si au début il était question de ne présenter que ce qui était de l'ordre du beau (en opposition nette avec les Confession de Rousseau), Chateaubriand évolua pour finalement vouloir tout présenter : la vérité.

Une façon de décrire une existence exemplaire.

 

Le plus remarquable dans cette entreprise là, c'est cette vision de l'histoire : sidérante et précise.

Autant observateur qu'acteur de son époque, notre auteur s'est lié avec puissance à l'histoire contemporaine. Laissant des témoignages précieux et indispensables sur tout la période qui s'étend de la Révolution à la Restauration. Et il ne manqua rien. La précision est prodigieuse surtout pour les époques qu'il a vécu lui-même.

 

La carrière politique de Chateaubriand explique la partialité de sa vision de l'histoire.

Sa fidélité à la monarchie ne l'empêchant pas d'avoir une lucidité acérée. Il suffit d'analyser l'épisode, où il en déclara la mort devant Louis XVIII pour s'en rendre compte. Idolâtrant en sus le grand Bonaparte. Fait d'autant plus paradoxal qu'il n'aimait pas le bonhomme.

Sa causticité se démontrant encore avec la description de quelques gens peuplant son époque : Talleyrand et Fouché s'en souviennent encore.

 

Ce chef d'œuvre est aussi une œuvre lyrique. Les thèmes du temps qui passe, de la mort et du souvenir  sont omniprésentes, et associées dans la première partie à l'évocation de la nature.

Le romantisme côtoie, l'exaltation de la sensibilité et l'expression d'un certain mal de vivre.

La mort surtout parcourt l'œuvre, parfois rapportée aux sentiments de la vanité de la vie comme dans l'évocation de Louis XVI, parfois plus personnellement nostalgique avec le souvenir de Mme Récamier.

Même si les Mémoires sont un autoportrait largement recomposé, la sincérité n'est pas absente pour autant, il suffit de remarquer certains épisodes très personnels de l'histoire.

Le lyrisme de l'écriture est soutenu par un style qui joint la recherche lexicale et le foisonnement des images à l'ampleur du rythme.

Un chef d'œuvre évident de la littérature qu'il faut absolument avoir lu au moins une fois dans sa vie.



04/12/2015
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