Mon monde, mon âme et le reste

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Philosophie : A t-on besoin de la vérité?

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Un troisième sujet pour notre rubrique la plus profonde ce blog.

Après la liberté et le besoin d'autrui, ce nouveau sujet sur la vérité va nous porter sur des pistes différentes et surtout à débat.

 

En effet, et si la vérité se révélait un concept superflu et faussement profond? Elle fait partie de notre vocabulaire commun et pourtant il est bien difficile de la définir.

Quand on d'y essaie, on aboutit souvent au truisme ou a l'impasse.

 

Un beau bordel on dirait.

 

Et pourtant pas tant que ça, le vrai est souvent défini par la correspondance entre nos représentations et la réalité.

 

Par exemple, je me regarde dans un miroir, au moment même où je me vois, la proposition "il y a mon image sur le miroir" est donc vraie.

 

Cela dit, le constat de la présence d'un miroir devant moi et la conscience de me voir sont deux représentations, provenant tout à la fois d'un mental, d'une vision et d'une sensation tactile.

Du coup, il n'est pas de garanti qu'il y ait une correspondance entre ces représentations et la réalité, si celle-ci est conçue comme quelque chose d'indépendant de toute représentation : seule est assurée une correspondance entre mes représentations.

Ce qui suggère que la vérité n'est peut-être qu’un accord de nous-mêmes avec nous-mêmes.

 

 

Vous êtes toujours là?

 

Si on se recentre sur les grands philosophes, on y voit quoi?

 

Qu'ARISTOTE a offert ce qui peux être tenu comme la première définition de la vérité-correspondance : "Dire de ce qui est que cela n'est pas, ou de ce qui n'est pas que cela est, est faux, et dire que ce qui est et de ce qui n'est pas que cela n'est pas vrai".

 

Un seul truc à dire, ce type était dingue

 

 

Pour plus près de nous, René Descartes, ce philosophe français estimait que l'idée de vérité était innée, (comment reconnaitre la vérité, si on ne sait pas déjà ce qu'elle est?) et que nous pouvons reconnaître qu'une affirmation est vraie si elle exclut tout doute tant elle est claire et distincte. Ce n'était toutefois pas suffisant pour garantir l'adéquation entre l'idée vraie et ce qui est : Descartes dut alors recourir à l'argument d'un Dieu non trompeur.

 

 

Pour Kant, à propos de la conception de la vérité-correspondance, le philosophe allemand faisait remarquer que si l'objet de ma connaissance est extérieur à ma connaissance, la seule chose que je puis évaluer c'est si :"ma connaissance de l'objet s'accorde avec ma connaissance de l'objet".

Pour sortir de cette impasse, Kant considéra que nous construisons le monde perçu par les formes de notre sensibilité et les catégories de notre entendement.

Du coup, les objets que nous percevons ne sont plus radicalement extérieurs.

 

Des malades je vous l'avais dit.

 

 

Néanmoins on ne pouvait ignorer la pensée de Richard Rorty sur le sujet, contrairement à une conception philosophique très courante, Rorty estimait que la pensée n'est pas une représentation ou une image mentale de la réalité extérieure (lire L'Homme spéculaire).

Cet héritier du pragmatisme considérait également que l'on ne peut que chercher à justifier ce que l'on avance et non pas chercher la vérité.

Du coup, il en vint à minimiser l'intérêt philosophique de ce concept.

 

 

 

Et là, il perdit la moitié des lecteurs de ce blog à tout jamais.

 

 

Que peut t-on tirer ce toute cette pensée?

 

 

Si la vérité est difficilement conceptualisable en tant que correspondance entre nos représentations et la réalité, si elle ne fait pas que traduire la cohérence d'un ensemble de propositions ou de croyances, et si elle ne peut simplement être le résultat d'une enquête rationnelle, alors qu'est-elle?

 

 

Peux être quelque chose de très banal justement.

 

 

La vérité aurait finalement l'apparence d'une propriété sans en être une.

 

 

En somme, la vérité n'est peut-être pas un concept ou une propriété mais, comme le défend le philosophe Pascal Engel, c'est certainement une norme.

Elle est ce qui régule notre démarche et notre attitude sur le plan cognitif. Elle est ce qui souligne que nos assertions sont ce qu'il y a de plus justifié et de moins susceptible d'être révisé.

 

En ce sens, la vérité joue un rôle fondamental; un rôle en tous cas qui, quand il est assumé, nous permet d'éviter l'illusion métaphysique ou le chaos conceptuel.

 

 

 

Promis je ne recommence plus

 

 

A bientôt pour du plus léger.



17/02/2014
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