Mon monde, mon âme et le reste

Mon monde, mon âme et le reste

Lettre de Paul Valéry à Jean Voilier

voiliervalery 

13 heures [8 février 1939]

 

Je déborde. Tu ne peux pas imaginer tout ce qui m’étouffe de tendresse dans ces retours. Rien n’est déchirant comme le passage de la lourde machine devant la petite bergerie jaunisse. Il fait si doucement beau, et s’en aller…

Aujourd’hui, très spécialement ému je me suis senti d’une absurde jeunesse. Ne ris, ne souris pas… Je te le défends?

Mais quel avantage que de ne pas se voir, et qui permet de ne plus savoir que l’on est ce que l’on est…

Je me demande avec inquiétude si je deviens idiot. Mais tant pis, tant mieux. AMOR est un élixir extraordinaire. Je te bois, ma beauté.

Et je t’attrape de l’autre côté. Tous les côtés sont bons, mon doux cochon de lait…

 

 



13/08/2016
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