Mon monde, mon âme et le reste

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Le dédain de Guillaume de Sardes

Blog de carlitablog :Tendance et Rêverie, Rentrée littéraire 2012 : Le dédain de Guillaume de Sardes

  Il y a des conseils qu’il faudrait mieux ignorer ou carrément ne pas entendre.  Cette rentrée littéraire contient des bijoux mais aussi des misères et le livre qui nous concerne maintenant en est une.

Quelle bécasse que cette libraire me conseillant ce livre en déclarant qu’il était un chef d’œuvre.

Heureusement que ce n’était que dans une librairie de passage car sinon il aurait fallut me poser des questions quand à déménager mes habitudes. Et qu’on ne me raconte par le sermon habituel que tous les goûts sont dans la nature et que l’indulgence doit être maitresse en la matière.

Ce livre est universellement mauvais et dans tout son ensemble.  Le héros du livre déjà, je ne sais même pas quoi en dire tellement il est insignifiant. Ecrivain obsédé du sexe, voilà rien de plus.

Le style est dans la même veine, plat, dramatique, vulgaire, pathétique…

Si je ne publie pas c’est justement parce que je sais que mon style est encore trop jeune et bien je vais me lancer car il y a pire que moi à priori sur les étals de nos librairies.

Une vaste blague donc et un objet qui n’a vraiment rien à voir avec la littérature.

Quand à cette libraire qui a vue un chef d’œuvre dans cet ouvrage, il va falloir penser à l’internement.

A fuir.

 

 

 

Extrait du livre

Attendre est insupportable. Junie sera-t-elle ponctuelle ? Marceau tire de sa poche son téléphone portable pour vérifi er l'heure : 19 h 32. Va-t-elle venir ? Le doute augmente son impatience. Cette impatience Marceau l'éprouve physiquement : il change sans arrêt de position sur la banquette de cuir, où il s'est installé de façon à voir la porte à tambour de l'hôtel. 19 h 35. Une grosse femme entre, une fausse blonde, vêtue d'un manteau de vison élimé et d'un cuissard noir soulignant les plis de ses énormes cuisses. On voit à son allure qu'elle n'aime pas marcher : ses jambes doivent être trop lourdes pour la soutenir. Malgré ses cinquante-cinq ou soixante ans, elle a encore des yeux ardents et une bouche impérieuse. Sans doute a-t-elle été belle, se dit Marceau - autrefois. Le chauffeur de taxi qui l'a conduite ici, un Asiatique, entre à son tour et dépose les bagages de la dame à ses pieds : deux sacs de voyage Vuitton un peu avachis. Ses gestes sont précis et déférents. Il salue, puis disparaît. 19 h 37. Une serveuse en livrée s'enquiert des désirs de Marceau : veut-il boire quelque chose ? Marceau répond non merci, sans la regarder (il ne perd pas de vue la porte tournante qui permet d'accéder au hall de l'hôtel), j'attends quelqu'un. Puis il pense : si Junie ne vient pas j'aurai l'air con. 19 h 39. Rien. Marceau change une nouvelle fois de position. La minute s'étirrrreeeee, le temps ralentit. Ces lenteurs lui restituent une jouissance lancinante, animale, déchirante, qu'il a oubliée : le désir. 19 h 40. Junie pousse la porte tambour, qui cède sous la pression, sans que la jeune femme ait besoin de marquer le pas. Junie semble la traverser. Elle continue son chemin, tout droit, sans hésiter, en direction du bar. Elle sourit à Marceau, qui se lève en bousculant la table basse ; après une seconde d'hésitation, elle l'embrasse, ôte son trench beige qu'elle pose sur l'accoudoir du fauteuil et s'assied. Elle ne dit rien, regardant Marceau la regarder. Junie, assise à cette table du bar de l'hôtel Regina, dans la pénombre des boiseries et la lenteur des ors. Junie, avec son visage qui est à lui seul une provocation, tant il met de soin à n'en pas être une. Junie, repoussant d'un souffle une mèche de cheveux. Junie. Devant elle, Marceau est sans moyens. La sidération lui scelle les lèvres, lui ôte son assurance. Il resterait bien comme ça, muet, à la regarder, mais il sent que ce serait ridicule. Alors il se lance. Il dit des platitudes, boit très vite le Martini qu'il a commandé, sourit trop, tout en se maudissant de se montrer si peu à son avantage. Qu'il est loin de sa décontraction, de sa politesse, de son aisance habituelles ! Par chance, Junie semble touchée par son embarras. L'échec de la séduction n'est pas sans attrait : il arrive que le silence, la timidité, captivent mieux que la rhétorique usée. Pauvre Marceau, le voilà presque dans le personnage de l'ahuri charmant qui attrape les coeurs à force de maladresse. Le dédain



18/02/2016
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