Mon monde, mon âme et le reste

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Hôtel de la solitude de René LAPORTE

Blog de carlitablog :Tendance et Rêverie, Hôtel de la solitude de René LAPORTE

Ma lecture :
 

Le Dilettante est clairement un éditeur à part dans le paysage littéraire français et ce n’est pas notre publication du jour qui va infirmer cette certitude. René LAPORTE (1905-1954) est un génie mort beaucoup trop tôt à 48 ans, il excellait aussi bien en produisant de la poésie, qu’un écrivant des romans qu’en travaillant pour les autres via son métier d’éditeur.

Un génie certes mais totalement et injustement méconnu tant son talent est gigantesque. Hôtel de la solitude, écrit en 1944, est un objet de grande fulgurance. Fulgurant d’abord par son style poétique épuré mais aussi par sa puissance et sa profondeur. Cette façon de faire bouillir les sentiments est bien quelque chose de très rare qui confine même à l’exquis.

L’auteur nous entraine dans un monde qui est réel mais qui n’a pas forcément de réalité palpable.  On se promène dans un Monaco d’une autre époque mais qu’on reconnait tout de même très clairement. On aime suivre notre héros s’installer dans cet hôtel monégasque et comme il est le seul client au milieu de nos tenanciers, s’installe dans l’atmosphère un parfum assez mystérieux. La précision et la délicatesse des détails qui sont distillés par notre auteur donne encore plus de charme à ce récit, qui pourtant nous fascinant déjà.

Et que dire quand le roman s’enflamme via l’arrivée d’une sublime seconde cliente. L’humanité qui va s’exprimer alors nous clairement nous embarquer dans des cimes inconnues.  

Un chef d’œuvre littéraire c’est une certitude et comme à priori ce livre va être aussi une découverte pour vous le plaisir n’en sera que plus décuplé.

Au moins vous savez quoi lire prochainement.

 

 

Résumé

Avoir la tête ailleurs, condition, dit-on, de toute poésie, mais fatale, parfois, aux poètes. Dont acte avec le Toulousain René Laporte (1905-1954), fauché par une voiture en plein Paris et que le Dilettante arrache aujourd’hui au « charnier des recalés de l’histoire littéraire », rééditant avec une préface de François Ouellet son Hôtel de la solitude paru chez Julliard en 1944. D’origine bourgeoise, il entre vite en poésie, ouvrant ses Cahiers libres aux surréalistes dès 1924, courant dont l’influence marque ses premiers romans?: Le Dîner chez Olga (1927), La Part du feu (1935). Haut fonctionnaire de l’information, Laporte, dans les années trente, révoque le pur jeu poétique pour politiser son œuvre littéraire, en faire un témoignage contre la crue montant des régimes totalitaires. En témoigne «?La Journée du 8?mars?», poème terrible sur la remilitarisation de la Rhénanie. Résistant actif (on lui a confié la surveillance de l’antenne pro-allemande de Radio Monte-Carlo), il fait de sa maison de la place du Barri, à Antibes, un pôle d’activités clandestines et de survie littéraire, y accueillant Breton, les Aragon, Ponge, Éluard, d’autres. « Il n’y a pas d’oubliettes/au château du roi René » écrira Jacques Prévert. C’est un écrivain en pleine phase de reconnaissance publique qui décède d’un traumatisme crânien le 1er mars 1954. Écrit en 1942, Hôtel de la solitude nous entraîne dans le sillage de Jérôme Bourdaine, scintillant chevau-léger de l’après-guerre, qui élit comme ermitage pour sa rêverie un singulier hôtel de La Turbie, sur la Côte d’Azur. Monde sous cloche, asile hors du temps aux murs calligraphiés de versets coraniques, lieu mental gardé par un couple d’êtres bonasses et affairés, les Barca, heureux d’invoquer les ombres chamarrées, fantômes 1900 qui firent la gloire du lieu. Survient alors, au cœur de cet asile de jour pour cœur en vrille, une Nadja longue et fine répondant au nom de Mme Zoya Sernitch, belle flanquée d’un époux cocasse aux tressautements de souris chauve. Idylle alors de s’ébaucher entre Jérôme et Zoya et ce parmi les ruines antiques qui ornent le lieu. Un ballet d’ombres lasses et de cœurs fringants qui s’évanouira au matin, romance sans lendemain. Entre trouble modianesque et griserie à la Mandiargues, chambre vous est donc retenue à l'Hôtel de la solitude, calme assuré et vue sur les songes.

 

Extrait

« Derrière Jérôme, dans la chambre, se dressaient des fantômes muets, monoclés ou corsetés, attendrissants et ridicules, de vieilles présences qui se décollaient déjà de l’arbre du temps comme une écorce et sur lesquels, demain, d’autres clients marcheraient sans vergogne. »



23/02/2016
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